Introduction

Cette méthode d’initiation à la basse (électrique) est indéniablement le meilleur moyen pour le bassiste débutant de progresser dans la pratique de son instrument.

Tout d’abord parce que cette méthode est extrêmement complète, qu’elle aborde tous les éléments qu’un apprenti bassiste se doit de maîtriser pour passer rapidement à un stade plus avancé. Ainsi, les techniques de jeu, le rythme, ou encore les grooves... n’auront bientôt plus de secrets pour vous.

Ensuite parce que cette méthode est excessivement progressive, de manière à ne jamais laisser le débutant dans l’incompréhension, dans le questionnement. Tous les ingrédients qui la composent sont enseignés et donc aussi assimilés petit à petit, graduellement, en utilisant astucieusement la théorie musicale comme une aide et non comme une contrainte.

Enfin parce que cette méthode est incroyablement ludique. On y joue de la basse dès les premières leçons, on y apprend des morceaux à la manière des plus grands artistes d’hier et d’aujourd’hui (Beatles, U2, Dire Straits, Coldplay, Red Hot Chili Peppers, The Strokes, Michael Jackson, David Bowie, Police, Jaco Pastorius, etc...), et on se fait plaisir comme si on était en groupe avec des playbacks à profusion.

Pour toutes ces raisons, cette méthode vous permettra de prendre non seulement votre envol... mais aussi un maximum de plaisir ! Afin que rapidement vous puissiez dire : « La basse ? C'est facile ! »

Les vidéos (indiquées par un «V») constitueront une aide complémentaire de tout premier ordre, puisqu’elles permettent d’entendre mais aussi et surtout de visualiser tous les exemples musicaux tels qu’ils doivent être joués.

De leur côté, les enregistrements audios (indiqués par un «A») fourmillent de playbacks en tout genre, permettant de mettre en application les exemples et autres morceaux de la méthode sur des bandes sons de qualité professionnelle... afin de vous préparer au jeu en groupe.

Matériel et conseils préliminaires

1/ La basse

La basse la plus répandue, et celle par laquelle commence tout bassiste débutant, est la basse à 4 cordes. C’est donc de celle-ci qu’il sera question tout au long de cette méthode.

Pour information, sachez qu’il existe aussi d’autres types de basse, à 5 voire même 6 cordes, fretless (sans barrettes sur le manche, comme une contrebasse), ou encore acoustiques (avec une caisse de résonance).

2/ Les cordes

Au rayon des cordes, il en existe des centaines et de plusieurs diamètres (appelés “tirants”). Si le choix des cordes est assez personnel, en tant que débutant vous ne devriez pas être trop regardant là-dessus. Vos goûts s’affineront au fur et à mesure de votre progression, et en changeant régulièrement de jeu de cordes, vous finirez par trouver le jeu idéal.

Pour la basse, le tirant des cordes s’exprime en pouce, de la plus fine à la plus grosse. Voici les plus courants (qui peuvent varier d’une marque à l’autre) : Extra Light (40-95), Standard (45-100), Medium (50-105), Heavy (55-110). Pour le débutant, il est conseillé de démarrer avec un jeu extra light, ces tirants étant tout simplement plus faciles à jouer.

3/ Les accessoires

Parmi les accessoires utiles, voire indispensables, on distingue :

4/ L’amplificateur

Une basse n’est rien sans un amplificateur, appelé plus familièrement ampli. Il sert à amplifier le son capté par les micros de votre instrument.

Il se compose de 3 éléments :

Quand ces 3 éléments sont réunis dans le même format, ce qui est certainement votre cas, on parle d’un combo. Quand les haut-parleurs sont séparés du reste, on parle alors d’un stack... mais un tel matériel ne se justifie pas encore à votre niveau.

Comme pour les basses, il existe des tas d’amplis différents (à transistors, à modélisations, à lampes) qu’il serait fastidieux et inutile de présenter ici. Un petit ampli de 30 à 60 watts à transistors est bien suffisant pour débuter dans de bonnes conditions.

Selon votre modèle d’ampli, vous aurez accès à différents réglages pour peaufiner votre son. Ces derniers venant s’ajouter à ceux de la basse (micros, volume, tonalité)... vous avez des milliers de possibilités à tester... propres à votre matériel. Et comme le son est avant tout une question de goût, c’est à vous qu’il incombe de faire cette démarche, bouton après bouton, 1/4 de tour après 1/4 de tour...

👉 Un bon conseil : notez les réglages qui ont votre préférence afin de pouvoir les retrouver rapidement !

Dernière précision : pour raccorder votre basse à l’ampli, il vous faudra bien sûr un câble jack. Evitez les premiers prix pour ce type d’accessoire si vous souhaitez le garder longtemps... et prenez-en soin en l’enroulant correctement et en le manipulant par l’embout et non le fil !

5/ La composition de la basse

Faisons maintenant plus ample connaissance avec l’instrument et voyons le nom des principales pièces qui le composent, avant d’en détailler chaque partie :

La plupart de ces pièces peuvent prendre des aspects différents selon les modèles (micros simples ou doubles, sélecteur de micros, têtes, mécaniques...) mais leur utilisation ne varie que peu d’un modèle à l’autre. Donc même si vous n’avez pas exactement la basse présentée ci- dessus, vous devriez vous y retrouver tout de même !

Le corps :

Le manche :

La tête :

6/ La tenue de la basse

Vous pouvez jouer de la basse debout ou assis... ce qui est préférable dans un premier temps.

En position debout, il vous faudra régler votre sangle de telle sorte que votre basse ne soit ni trop haute ni trop... basse. L’idéal étant de l’avoir au niveau du ventre, tout en faisant remonter la tête afin que votre main gauche ne soit pas trop tendue. A vous de chercher la position avec laquelle vous êtes le plus confortable.

En position assise, recommandée pour faire vos débuts, deux possibilités s'offrent à vous :

Avec les jambes croisées, la jambe droite par-dessus la jambe gauche...

La jambe droite surélevée, le pied posé sur un repose-pied, un barreau de chaise...

7/ Conseils de travail

Ne cherchez pas à aller trop vite. Apprendre à jouer d’un instrument de musique demande du temps, de la patience et de la perséverance. Alors ne brûlez pas les étapes et veillez à toujours prendre du plaisir dans chaque chose que vous faites.

Pour ce qui est de la fréquence de travail, il est conseillé de jouer régulièrement pour que les progrès se fassent sentir. Prenez la basse dès que vous le pouvez... et essayez de faire au moins une séance de travail tous les 2 jours. Pour ce qui est de la durée, il vous faudra trouver le juste milieu... car si 10 minutes passent trop vite, 2 heures c’est un peu long pour rester concentré. Des séances de 30 à 60 minutes semblent tout à fait convenables. Si vous voulez faire plus, ce qui est tout à votre honneur, faites des pauses... vous aurez ainsi l’esprit plus frais quand vous reprendrez l’instrument. Il serait contre-productif de faire du « bourrage » de crâne.

Avant de prendre votre basse, veillez à ce qu’elle soit toujours bien accordée (voir page suivante) et assurez-vous d’avoir les ongles coupés courts... car un peu de longeur, tant à la main droite qu’à la main gauche, peut vite altérer le confort de jeu.

Quand vous travaillez un exercice ou un morceau, apprenez-le par cœur. Non seulement vous développerez ainsi votre mémoire musicale, mais vous pourrez également vous concentrer sur ce que fait votre main droite et/ou votre main gauche... et donc vous corriger techniquement.

Ne précipitez pas les choses, ne cherchez pas à tout vouloir jouer vite du premier coup. Il vaut mieux jouer lentement mais bien, avec une bonne technique, que vite et mal !

Pour être correctement assimilé, chaque geste doit être répété des centaines de fois. Donc n’arrêtez pas un exercice au bout de 20 secondes en vous disant, « ça y est, je l’ai terminé, on passe au suivant... ». Au contraire, jouez-le en boucle et le plus longtemps possible... c’est d’ailleurs pour cela que les playbacks durent plusieurs minutes. Alors profitez-en jusqu’au bout et vous développerez ainsi très tôt une des grandes qualités requises chez le bassiste : l’endurance.

Si vous ressentez une quelconque douleur (poignet, doigts, épaule, dos...), arrêtez-vous tout de suite et reprenez un peu plus tard, une fois la crispation ayant fait naître cette douleur disparue.

Si vous n’avez jamais joué de la basse, vous ressentirez certainement une petite douleur au bout des doigts de la main gauche à force d’appuyer sur les cordes. Ne vous en inquiétez pas, tous les bassistes sont passés par là. Après quelques temps, la peau se renforcera, se durcira, et vous ne ressentirez bientôt plus rien.

Enfin, si vous estimez (après quelques temps de pratique tout de même) devoir faire trop d’efforts en appuyant sur les cordes pour obtenir un son propre, c’est peut-être que votre basse est mal réglée. Amenez-la chez un luthier pour ajuster la hauteur des cordes... car votre problème vient sans doute de là !

Vous voilà maintenant prêt à passer à la pratique...

Accordage de la basse

Pour pouvoir jouer de la basse, celle-ci doit être correctement accordée. Mais accorder sa basse est un travail d’oreille, souvent inaccessible au bassiste débutant. Remettons donc cette technique d’accordage à l’oreille à plus tard, lorsque celle-ci sera un peu plus avertie, un peu plus formée et habituée aux notes et sons de la basse.

Heureusement, on peut désormais utiliser un accordeur électronique pour y parvenir aisément. Il en existe de différentes sortes mais les plus courants ressemblent à ça :

Vous devrez commencer par relier l’accordeur à votre basse via le jack. Il suffira alors de jouer les cordes à vide (c’est-à-dire gratter la corde uniquement avec la main droite) pour que l’accordeur vous indique ce qu’il convient de faire...

Mais avant cela, voyons quelles notes sont censées donner vos 4 cordes lorsqu’elles sont jouées à vide justement.

Avant tout, mémorisez bien cette correspondance car c’est par le son qu’elles produisent à vide que l’on désigne habituellement les cordes. On parlera ainsi, par exemple, de la corde de Ré pour la deuxième, ou de la corde de Sol pour la première.

Pour être accordée, la basse donne donc Mi - La - Ré - Sol, en partant de la 4ème corde, c’est-à- dire la plus grosse, jusqu’à la première.

Mais ce n’est pas tout, car l’accordeur électronique ne connaît pas les notes Mi, La, Ré et Sol... il utilise la notation internationale qui attribue une lettre à chacune des 7 notes :

Mémorisez dès maintenant cette correspondance car les lettres de la notation internationale sont utilisées dans toutes les partitions, notamment pour désigner les accords. Vous noterez que c’est très simple puisque les lettres se suivent.

On obtient donc pour nos quatre cordes à vide, en partant de la plus grosse :

Maintenant que vous savez ce qu’il y a à savoir, branchez votre accordeur puis attaquez la corde de Mi grave (la plus grosse). Afin qu’aucun autre son ne vienne perturber votre travail, n’hésitez pas à étouffer les autres cordes avec la main gauche, en posant juste les doigts dessus.

Votre accordeur va alors afficher une lettre. Si celle-ci se situe avant le E (par exemple D ou C), c’est que vous êtes trop grave et donc que votre corde n’est pas suffisamment tendue. Il vous faudra donc serrer la mécanique progressivement (avec la main gauche), tout en continuant à attaquer régulièrement la corde de E (avec la main droite)... et ce, jusqu’à ce que l’accordeur affiche enfin la lettre E.

Si, à l’inverse, la note indiquée par l’accordeur se trouve après le E (par exemple F ou G), c’est que vous êtes trop aigu et donc que votre corde est trop tendue. Il vous faudra donc desserrer la mécanique, tout en procédant comme indiqué dans le paragraphe précédent.

Une fois que votre accordeur affiche la bonne lettre, il vous faudra ajuster votre accordage jusqu'à ce que l’afficheur soit vert, ou que l’aiguille soit au milieu, selon le modèle que vous possédez.

Faites alors la même chose pour les 3 autres cordes...

Si cette démarche prend facilement plusieurs minutes lorsqu’on débute, rassurez-vous, elle devient rapidement un véritable jeu d’enfant par la suite !

S’il vous reste un doute sur la qualité de votre accordage, vous pouvez le vérifier en confrontant le son de vos quatre cordes jouées à vide, avec l’exemple vidéo suivant :

La notation musicale et la tablature

Nous allons commencer ici par apprendre les bases de la notation musicale ainsi que le principe de la tablature.

1/ La notation musicale

La musique s’écrit sur une portée, représentée par un ensemble de 5 lignes :

On place au début de chaque portée une clé de Fa, qui indique dans quel registre on joue :

Afin de s’y retrouver plus facilement, on place des barres de mesures qui séparent les mesures.

On place ensuite à droite de la clé de Fa l’indication 4/4, qui indique que chaque mesure contient 4 temps.

Mais qu’est-ce qu’un temps ? Quand vous écoutez de la musique et que vous tapez du pied par exemple, sans le savoir vous battez les temps, vous battez le tempo.

Exercice 1 : Tapez du pied régulièrement, comme s’il y avait de la musique, et comptez en même temps et à voix haute : 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 …

Exercice 2 : Prenez votre métronome et réglez-le sur 60, puis comptez à voix haute, en même temps que les bips : 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 …

Voilà... compter les temps, ce n’est pas plus difficile que cela !

On indique la fin d’un morceau (ou d’un exercice) par une double barre, dont celle de droite est en gras :

2/ La tablature

En plus du solfège, il existe une autre forme de notation très utilisée à la basse, et que nous utiliserons tout au long de cet ouvrage : la tablature.

Elle se compose de 4 lignes et se place en dessous de la portée. Chaque ligne représente une corde de la basse. La ligne du bas, la corde la plus grave ; la ligne du haut, la corde la plus aiguë.

Les notes sont inscrites sur la portée sous forme de blanches, rondes, noires, croches... que nous verrons en détail au fil des pages à venir. Alors que sur la tablature figurent des chiffres représentant les cases de la basse.

Pour jouer ces notes sur la basse, il suffira de poser un doigt de la main gauche sur la corde et dans la case en question... on n’a pas fait plus simple !

Le chiffre « 0 » indique qu’il faut jouer la corde à vide, c’est-à-dire sans qu’aucun doigt de la main gauche ne vienne appuyer sur une case du manche.

La main droite

Pour jouer de la basse, les doigts que nous utiliserons à la main droite (pour les droitiers) seront l’index et le majeur, notés fort logiquement I et M :

Posez votre pouce de la main droite sur le micro puis pincez la corde de Mi avec l’index. Une fois que la corde est pincée, l’index doit venir buter sur le pouce. Refaites le même geste, mais cette fois-ci avec le majeur. Puis alternez l’index et le majeur, en les jouant à tour de rôle, plusieurs fois de suite. Pensez à bien buter le doigt contre le pouce... comme le montre la vidéo :

Pour mettre en application cette technique de main droite, vous allez apprendre une première valeur rythmique, la ronde, qui dure 4 temps. Celle-ci va donc remplir une mesure complète (de 4 temps).

Sur la portée, la ronde se dessine comme ceci : 𝅝

On va donc jouer notre ronde sur le temps 1, et la laisser sonner pendant les 4 temps de la mesure, puis on rejoue sur le temps 1 de la mesure suivante, et ainsi de suite...

Passons immédiatement à notre tout premier exercice... joué uniquement sur la corde de Mi à vide, c’est-à-dire sans que les doigts de la main gauche ne viennent appuyer sur des cases.

Pour la main droite, commencez par l’index (I) puis alternez avec le majeur (M) : I M I M I M I M et ainsi de suite. Ensuite, reprenez l’exercice, mais en commençant cette fois-ci par le majeur : M I M I M I M I...

Sur le playback (correspondant à l’audio 1), avant que l’exercice ne commence et pour avoir le temps de vous préparer, vous entendrez ce que l’on appelle le décompte, constitué ici de 4 bips : 1 2 3 4 et c’est parti !

A la fin de la 8ème mesure, vous remarquerez que deux points se sont rajoutés à la barre de fin traditionnelle, ce qui transforme celle-ci en une barre de reprise, et signifie donc qu’il faut reprendre l’exercice au début... et donc le jouer deux fois.

Ce qui fait au total, non pas 8, mais 16 mesures !

Le playback vous est proposé au tempo (vitesse) de 100 à la noire (comme cela est indiqué au-dessus de la partition). Cette indication de vitesse donne en fait le nombre de battements par minute (bpm). Plus le chiffre est élevé, plus le tempo est rapide. Essayez avec votre métronome et écoutez la différence.

Pour vous permettre de vous entraîner longuement sans avoir à relancer systématiquement l’enregistrement au début, le playback dure quelques minutes... profitez-en pour en faire autant, et donc répéter cet exemple de 16 mesures aussi longtemps que nécessaire.

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